Jusqu'au au 29 mai, la DRAC de Haute-Normandie et le Diocèse de Rouen organisent le 6ième festival ‘Courant d'Art'. Dans cinq églises, dont la cathédrale de Rouen, peintures, sculptures, installations, théâtre en musique sacrée contemporaine sont à l'affiche. Le public, croyant et non, est invité à venir découvrir ces œuvres, «pour entrer davantage dans cette perception du monde que nous proposent les artistes», propose le curateur Bertrand Laurent.
La performance phare du festival se situe dans le déambulatoire de la cathédrale de Rouen. Dans son installation ‘H²O', qui encercle le chœur de l'édifice, le Belge Mark Swysen partage une réflexion sur l'origine de la vie. Biologiste de formation il y met en scène ce parallèle qu'il perçoit intimement entre l'hypothèse du monde issue de la volonté divine et celle plus scientifique de l'apparition de la vie sur terre liée à la savante et mystérieuse combinaison de l'eau, du carbone et de l'énergie solaire. Ce questionnement s'incarne par la disposition à priori fortuite d'objets intrigants sur le parcours. La visite n'est ni guidée ni guindée. La liberté d'interprétation est respectée et voulue par l'artiste.
«L'idéal serait que le visiteur non fainéant trouve ses réponses personnelles et reparte avec son exposition personnelle», souhaite Mark Swysen. Au cours de sa pérégrination, le visiteur est tenu alerte par le son magnétique et régulier d'une goutte d'eau qui heurte le sol comme pour marquer le temps qui s'écoule inexorablement. Il est surpris par ces parapluies inversés et ces bouteilles vides suspendues en grappes dans l'absidiole à l'image d'une monumentale chaîne ADN, symbole de la naissance de la vie.
Dans la chapelle de la vierge pratiquement inaccessible en temps ordinaire, le sol est recouvert d'une surface vaguement réfléchissante qui suggère une surface d'eau. A certains moments y fleurit un arc-en-ciel fondu dans l'immensité des lieux.
Plus loin, une série de stèles de bois brûlés font référence à l'éternel cercle de la vie. Les coloris évoluent: blanc juvénile, orange de l'adolescence, carmin de l'adulte, brun de l'automne de la vie...
L'artiste Swysen se décrit volontiers comme «non croyant mais cherchant». Il ne cherche ni Dieu ni le beau mais chasse le sublime, «ce mélange d'angoisse et apaisement».
Patrick STREIFF
(Source : Agence de presse ANI)